MYTHES GRECS RÉACTUALISÉS Jérôme Robart, mai 2003À l'origine, le texte s'intitulait Méfiez-vous des nuits. Mon objectif était de mettre en théâtre les méfaits du mensonge. Je partais d'un premier mensonge. Énorme. Je le posais au début de l'histoire et s'ensuivait toute une suite de monstruosités. Je m'autorisais tout. Il était essentiel pour moi que le personnage soit « le totalement subissant ». Je voulais que ces monstruosités ne soient pas le fait du caractère d'un personnage, mais dépendent d'une suite logique, implacable, d'événements découlant du premier mensonge. Il s'agit pour moi d'une deuxième expérience d'écriture théâtrale. La première,Tes, utilise une langue à caractère lyrique, essayant d'embraser une multitude de sens et l'allégorie comme outil absolu. Pour Eddy, j'ai voulu une langue motrice, centre et action de la pièce. Plus aucune allégorie. Des ellipses. Les deux textes tentent de réactualiser deux mythes grecs connus de tous: les envisager dans un contexte actuel, c'est réfléchir à l'histoire initiale, à ce patrimoine. C'est interroger notre humanité. C'est nous définir. Dans sa simplicité apparente, le mythe noue et solidarise des forces psychiques multiples. Tout mythe est un drame humain condensé. Et c’est pourquoi tout mythe peut si facilement servir de symbole pour une situation dramatique actuelle.. Gaston Bachelard À cette fonction d’initier les commencements, le mythe ajoute celle, toujours actuelle et incessamment maintenue de garantir l’ordre du monde, l’arbitrage entre les frontières qui définissent chaque réalité. Le mythe justifie les règles et les pratiques traditionnelles sans quoi la société ne pourrait assurer la cohésion nécessaire à sa survie. Chantal Quillet Dans son film Œdipe-Roi, lorsqu’Œdipe frappe le Sphinx pour le jeter dans l’abîme, Pasolini fait dire au monstre : « C’est inutile, c’est inutile, le gouffre dans lequel tu me pousses est en toi ». Homère, L'Odyssée, VIIIe siècle avant J.-C. Pindare, Olympiques, Ve siècle avant J.-C. Eschyle, Les Sept contre Thèbes, Ve siècle avant J.-C. Sophocle, Œdipe roi, Antigone, Œdipe à Colone, Ve siècle avant J.-C. Euripide, Les Phéniciennes, Ve siècle avant J.-C. Aristophane, Les Grenouilles, Ve siècle avant J.-C. Sénèque, Œdipe, Ier siècle. Garnier, Antigone, 1580. Corneille, Œdipe, 1659. Racine, La Thébaïde et Athalie, 1664 et 1691. Voltaire, Œdipe, 1718. La Motte (Antoine Houdar), Œdipe, 1754. Ducis, Œdipe chez Admète et Œdipe à Colone, 1778 et 1797. Chénier (Marie-Joseph), Œdipe Roi et Œdipe à Colone, env. 1800. Kleist, La Cruche cassée, 1803. Schiller, La Fiancée de Messine, 1803. Ibsen, Les Revenants, 1822. Gide, Œdipe, 1931. Cocteau, La Machine infernale, 1934.T ewfik El Hakim, Œdipe roi, 1950. liot (T. S.), Fin de carrière, 1958. Rotimi (Ola), Les dieux ne sont pas coupables, 1968. Konate (Yaya), Œdipe noir ou le drame de la jeunesse, 1971. Kiyindou (Gilbert), La colombe de Kibouende, 1981. Bauchau (Henry), Œdipe sur la route, 1990. Robart (Jérôme), Eddy, F. de pute, 2001. Devinette : Complexe, parfois masqué, un personnage traverse ces trente et un textes et presque autant de siècles… Son nom ?! |