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AMÉLIE WENDLING,
assistante à la mise en scène

Tableau de fin de guerre. Aucune précision de temps ou de lieu… Il s’agit sans doute de toutes les guerres à la fois. Ces guerres où soudain le compagnon d’hier devient bourreau, où la règle n’est plus simplement de vaincre l’ennemi mais de pousser la barbarie jusqu’à torturer, violer, décimer des villages, éradiquer des communautés entières.
La guerre est comme une excuse pour transgresser les interdits imposés par la société : tout est permis, tous les désirs peuvent prendre corps, on est libre de faire les choses les plus terribles. C’est une explosion, une sorte de bacchanale moderne. Chacun a la possibilité de devenir victime ou bourreau, ou les deux, l’un après l’autre, rien n’est simple ou évident.

Avec Guerre, Lars Norén aborde sous un nouvel angle la problématique qui, ces dernières années, est au centre de son théâtre : qu’est-ce qui fait que l’homme survit, même après les plus terribles épreuves, même après avoir tout perdu ?

 

OUBLIEZ LE THÉÂTRE !
propos de Lars Norén
recueillis par Réné Zahnd
en janvier 2004

La société se mue en théâtre. Nous devons pénétrer le langage de la société sur scène, nous devons en tirer parti. Je le dis à mes comédiens : regardez comment les gens se comportent dans la rue, dans le bus, etc. Ne regardez pas comment font les autres comédiens. Oubliez le théâtre ! Observez comment sont les gens. Tout notre matériel, toute notre énergie, tout notre sang vient de la société. En même temps, on peut utiliser le formidable langage du théâtre pour influencer la société. C’est aussi là que nous nous rencontrons.
Je travaille et je mets en scène comme un acteur. J’ai la même relation au texte qu’un acteur… Pour moi, l’acteur est un lieu qu’il faut rendre aussi pur que possible pour qu’il puisse accueillir ce qui fait son rôle et par conséquent la pièce. Il doit écouter ce que l’autre lui dit. Il est la réaction de ce qui est dit. La plupart des acteurs apprennent comment il faut agir, mais presque jamais comment il faut réagir. Il s’agit donc de les inciter à se dégager des manières conventionnelles de réagir : être fâché de cette façon, être triste parce qu’on me dit des choses méchantes… Un acteur doit être en mesure de recevoir. En même temps, il est aussi celui qui se trouve au centre du théâtre. Il ne doit pas se soumettre au metteur en scène. Il ne doit pas se soumettre au texte. Il doit, de manière souveraine, le transmettre au public.

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Dernière modification - 16.06.2008