| Dix concerts argentins avec Siglotreinta Quand Siglotreinta attaque le refrain de Volver, on est surpris de ne pas y retrouver le son du bandonéon. Pourtant le célèbre tango de Carlos Gardel ressort indemne de son interprétation au saxophone, à la guitare et au piano, tenus respectivement par Nestor Tomassini, Narciso Saúl et Osvaldo Belmonte. C’est en 1987 que le trio s’est formé à Buenos Aires. Leur premier répertoire puise dans le folklore argentin, dans le tango et la milonga, avant d’aller fouiner du côté du jazz et de la musique contemporaine. Il a trouvé sur ces nouveaux rivages de quoi gagner en liberté ce qu’il perdait en couleur locale. Dès 1989, ses arrangements pleins d’audace et de fantaisie font remarquer le style particulier du groupe, de plus en plus à l’aise entre tango de chambre et tango jazz. Il fallait sortir ainsi des chemins battus un talent exceptionnel et une virtuosité sans faille. Ces qualités sont à multiplier par trois. Et chacun sur son instrument fait œuvre de soliste, qui au piano, qui à la guitare ou au saxophone. Chacun des trois musiciens est professeur à Buenos Aires, Narciso à l’Université et au Conversatoire Manuel de Falla, Nestor dans sa propre école dans le quartier de San Telmo. En quinze ans, Siglotreinta a effectué de nombreuses tournées en Espagne,en France, en Allemagne et en Suisse. Tous les disques du trio ont été produits en Argentine, sauf un, paru en Suisse en 1994. Cela fait donc plus de dix ans que des liens existent entre Siglotreinta et notre pays, entretenu ces dernières années par Françoise Courvoisier, l’actuelle directrice du Théâtre de Poche à Genève. En 1998, elle leur propose de jouer dans la salle dont elle s’occupe à l’époque. Il s’agit du Théâtre de la Grenade, dans les anciens bâtiments de la SIP. Un lieu propice aux spectacles exigeant une certaine intimité. |