DE L’AMBIGUÏTÉ DU LANGAGE Harold Pinter extrait du recueil Autres Voix éditions Noir sur Blanc | Le langage est une affaire hautement ambiguë. Souvent, se trouve sous le mot effectivement dit se trouve la chose connue et non dite. Mes personnages me racontent tant de choses et pas plus, eu égard à leur expérience, leurs aspirations, leurs motifs, leur passé. Entre mon manque de données biographiques sur eux et l’ambiguïté de leurs dires s’étend tout un territoire, qui n’est pas seulement digne d’exploration mais qu’il est obligatoire d’explorer. Les personnages qui se développent sur une page, comme vous et moi, sont la plupart du temps inexpressifs, repliés sur eux-mêmes, peu fiables, fuyants, évasifs, obstructionnels, rétifs… Mais c’est de ces caractéristiques que naît un langage. Un langage, je le répète, où autre chose est dit sous ce qui est dit.
La passion des mots J’aime les mots, cette passion m’a accompagné toute ma vie. Je me sens toujours aussi excité maintenant par des mots sur une page, ainsi que par la page blanche et les mots qui pourraient la recouvrir. Chaque page blanche est un monde inconnu dans lequel vous vous apprêtez à plonger. C’est un défi permanent.
Quelques « brèves »
Tout ce qui concerne la pièce se trouve dans la pièce.
Il n’y a pas de fin au sens. Un sens qui serait décidé, empaqueté, étiqueté et prêt à l’exportation est mort, hors de propos… et insensé.
Nous devons nous montrer très prudent. Le destin ne demande qu’à nous écraser et se montre très efficace.
Plus l’expérience est aiguë, moins elle s’exprime. Retour haut de page |