LA PRESSE
 
FEVER, à la vie, à la mort
01/09/2014

SAISON 2014-2015
23/05/2014

COMMUNIQUÉ
02/04/2014

FEVER, à la vie, à la mort
01/09/2014
 

Marie-Pierre Genecand, Le Temps Sortir, septembre 2014

 

30 ANS, LA TRANSE DE LA DANSE

 

Au Poche, à Genève, Attilio Sandro Palese réécrit «La Fièvre du samedi soir»

 

Attilio Sandro Palese est joliment décomplexé. Lors de la présentation de saison du Poche, en mai dernier, le metteur en scène est arrivé sur scène coiffé d'un casque à paillettes et s'est vautré aux pieds de la directrice, Françoise Courvoisier. Une entrée fracassante qui dit bien le côté no limit du personnage, son appétit pour le langage frontal, sa sensualité.

À la rentrée, ce Genevois tendance punk propose Fever, réécriture théâtrale de La Fièvre du samedi soir, film-culte de 1977 où Travolta survolté joue Tony, jeune homme oubliant chaque week-end sa vie étriquée dans une danse endiablée. Au-delà de la chronique d'un milieu populaire, Attilio Sandro Palese souhaite convoquer sur la scène du Poche cette énergie quasi tribale. «J'espère réveiller la danse en chacun de nous. La Vie est rythme et musique. Elle est légère lorsqu'on s'abandonne à son mouvement parce qu'il a lieu maintenant et pour toujours», observe-t-il.

Dès lors, le metteur en scène réunit de jeunes comédiens et leur demande de se bouger (Caty Eybert signe les chorégraphies). De rechercher en eux cette force de la transe. Une atmosphère qui pourra rappeler Teenfactory!, précédent spectacle musical du metteur en scène inspiré du groupe Nirvana. Sauf qu'ici, pas de grunge et de t-shirts troués, mais des tenues proches du corps et du glamour doré. Disco!

 

SAISON 2014-2015
23/05/2014
 

Corinne Jaquiéry, La Liberté, 23 août 2014

 

FRANÇOISE COURVOISIER, FLAMBOYANTE AU SOLEIL DU THÉÂTRE

 

Ardente et audacieuse, la directrice du Théâtre de Poche à Genève entame sa douzième et dernière saison sans regrets, portée par l’amour du jeu. Portrait.

 

La singularité. Voilà ce qui plaît vraiment à Françoise Courvoisier dans ses choix de théâtre et dans sa vie. Peut-être parce qu’elle aussi porte en elle quelque chose de singulier: une passion dévorante pour le théâtre qui la distingue au quotidien. Vibrante, rouge à lèvre éclatant, elle ose la différence. «Je trouve prétentieux de se trouver soi-même différente, mais quand on me dit que je suis spéciale, je prends ça pour un compliment », dit-elle en éclatant d’un rire malicieux qui revient souvent ponctuer la conversation. «Il y a tellement de conventions, de principes auxquels il ne faut pas déroger dans notre société, c’est bien d’apporter parfois de la rugosité. Lorsque l’on dit d’un acteur qu’il est lisse, c’est épouvantable, non? »

 

Pour cette comédienne qui a créé son propre lieu – La Grenade, en 1997 – le théâtre se vit contemporain et doit emmener hors des sentiers battus. Ainsi son premier spectacle Lucie, June, Claire, Maya (1991) traitait de schizophrénie d’après les écrits des psychiatres Laing et Esterson. «Il me semble que l’éclat vient souvent de la face cachée» avance-t-elle avec douceur.

 

Dans le regard de l’autre, cette mélomane cherche le diapason, préférant la concorde à l’opprobre, même si elle n’a jamais eu peur de proposer des spectacles qui ont pu faire polémique comme ceux qu’elle a créé autour de la parole de Grisélidis Réal – la seule prostituée ensevelie au Cimetière des Rois, panthéon genevois des personnalités. «Je n’aime pas la marge pour la marge, mais quand je rencontre une femme comme Grisélidis, «la prostituée la plus fière et la plus douée de la littérature européenne » selon Le Magazine Littéraire, je ne peux que lui rendre hommage en portant ses textes à la scène.»

 

En 1993, elle présente son deuxième spectacle en tant que metteur en scène avec Grisélidis, puis, dix ans plus tard, toute nouvelle directrice du Théâtre le Poche, elle monte Sphinx du macadam. Enfin récemment (2011), elle sollicite la ténébreuse comédienne française Judith Magre pour Les combats d’une reine, qu’elle reprend encore cette saison après l’avoir présenté à Paris fin août. «Je boucle la boucle. C’est joli de finir avec l’auteur par qui j’ai commencé en tant que directrice. J’ai eu un coup de cœur terrible pour Grisélidis. Elle m’a fait tellement rire, et m’a aussi bouleversée. Je veux la garder vivante en travaillant ses textes.»

 

Rire de ses décrépitudes

 

Les coups de cœur, Françoise Courvoisier les cultive avec bonheur. Des rencontres  fortes avec des femmes et des hommes qui émargent presque toujours du théâtre. Il y a eu Benno Besson, Claude Stratz ou Grisélidis Réal, mais le lien le plus intense sera celui qu’elle entretiendra avec René Gonzalez, ancien directeur du Théâtre de Vidy, aujourd’hui disparu, avec qui elle a parlé théâtre jusqu’au vertige. «La mort a toujours été très, trop présente dans ma vie. J’ai perdu ma mère très tôt, puis beaucoup d’autres gens qui m’étaient chers…»

 

Cette finitude inéluctable ne lui fait pourtant pas peur et elle l’évoque sans fards. En revanche les stigmates du vieillissement ne l’intéressent pas. «L’âge ? Je le traverse, mais je ne m’y vautre pas », ironise cette jeune quinquagénaire qui évite l’écueil de la date de naissance. «Je trouve inutile d’évoquer ses vapeurs ou d’autres problèmes liés à l’âge. Je veux développer le rêve, pas parler de mes varices, car comme le dit Grisélidis, il faut se rire des décrépitudes et des écroulements. »

 

Affamée de textes

 

La force des mots, Françoise Courvoisier y croit. Dès l’âge de dix ans, elle tient son journal pour immortaliser ses rêves. Aujourd’hui, elle écrit toujours, des pièces et des chansons et aime mettre les auteurs en valeur au Poche. De jeunes écrivains suisses contemporains comme Attilio Sandro Palese (en ouverture de saison), Dominique Ziegler ou la Fribourgeoise Sandra Korol ou un peu plus anciens comme Michel Viala et Blaise Cendrars. «J’aime vraiment que les textes soient un peu mieux que la vie, un peu plus creusés que le langage quotidien. Si c’est pour trouver sur scène ce que l’on peut voir au bistrot du coin, c’est dommage. Pour moi, un texte peut habiller un plateau autant qu’un beau décor.»

 

Alors que va bien pouvoir faire cette affamée de textes et de théâtre après son départ du Poche ? «Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Je vais sans doute continuer à mettre en scène, écrire et jouer… Et j’aimerais bien faire un tour de chant», confesse-t-elle. «J’ai baigné dans la musique car mon père était violoncelliste. J’ai d’ailleurs fait du piano. A l’époque, il y avait trop de musique autour de moi. Il y en a toujours, mais de manière différente car mon compagnon de vie est musicien. Il fait toutes les bandes son de mes spectacles. J’aime la chanson. J’écris des chansons depuis des années. C’est aussi une manière de transmettre l’émotion. Très peu de mots pour parler de la vie.»

 

--------------------------------------------------------------------------------------------

FRANÇOISE COURVOISIER, LES FEUX D'UNE ULTIME ENVOLÉE

 

Marie-Pierre Genecand, Le Temps, 23 mai 2014

 

Mercredi, à Genève, la directrice du Théâtre Le Poche a présenté sa douzième et dernière saison.

 

Ah, Françoise Courvoisier ! Unique dans son côté d’éternelle fiancée du théâtre… Mercredi soir, la juvénile quinquagénaire a présenté sa douzième et dernière saison à la tête du Poche, à Genève. Et choisi pour l’occasion un code couleur rouge à pois blancs, coup de fraîcheur contre la morsure du temps. La directrice était émue, on la comprend, en déclinant les spectacles qui composent son dernier menu. Emue et un peu perdue… Le cœur et ses palpitations! Mais la saison est solide et même d’exception. Avec, d’un côté, des pointures comme Jean-Quentin Châtelain, Gérard Desarthe, Carole Bouquet, et de l’autre, des têtes chercheuses comme Attilio Sandro Palese, Julie Duclos, José Lillo. Des retrouvailles, aussi, qui réjouissent: après avoir sidéré en 2012 avec Chute d’une nation, série théâtrale sur les tribulations d’une élection, le Français Yann Reuzeau revient avec Mécanique instable, fresque sur le monde du travail. On trépigne déjà.

 

Casque à paillettes

 

La maîtresse de céans éblouissait dans son habit blanc, il est arrivé coiffé d’un casque à paillettes et s’est vautré à ses pieds. Punk par essence, Attilio Sandro Palese n’a peur de rien, et son Fever, à la vie, à la mort qui ouvre la saison promet de belles étincelles. Dans cette réécriture de La Fièvre du samedi soir «axée sur le tomber de masque et la liberté», le metteur en scène fera danser de jeunes comédiens. Même belle promesse de secousses avec José Lillo, qui rouvrira le dossier du Rapport Bergier en février. «A cause des fonds en déshérence qui ont braqué le peuple, le débat n’a pas vraiment eu lieu. Pourtant, il est important de savoir ce qui s’est passé en Suisse durant cette période», a expliqué l’artiste genevois. Maurice Aufair, Felipe Castro et Lola Riccaboni remonteront le cours du temps avec lui.

 

Autre enquête sur un passé, récent, autre réécriture à partir d’un film: la Française Julie Duclos créera Du pain et des Rolls, libre adaptation théâtrale de La Maman et la Putain, de Jean Eustache. «Il s’agit d’interroger le triangle amoureux et la figure à contre-courant d’Alexandre», a confié la jeune femme, dans une interview filmée.

 

Et Françoise Courvoisier ? La directrice reprend un spectacle poignant. Les Combats d’une reine, délicat hommage à Grisélidis Real à travers trois âges de la vie de celle qui se définissait comme «écrivaine, peintre et prostituée» (LT du 11.03.2011). La tête haute, le corps ouvert et le cœur large. De quoi rapprocher Grisélidis Real de Becky, héroïne de Penelope Skinner dans En roue libre. «Une jeune femme dont la grossesse n’entame pas l’appétit sexuel, au contraire», a prévenu Claudia Staviski, directrice du Théâtre des Célestins, à Lyon. David Ayala, Valérie Crouzet et Julie-Anne Roth, géniaux chez Dan Jemmett, se feront un plaisir de secouer le cocotier british.

 

Carole Bouquet hantée

 

Qui dit Angleterre, pense Pinter. Le Prix Nobel de littérature et son art de la dissimulation séviront en fin de saison avec Ashes to ashes, rebaptisé Dispersion. Gérard Desarthe dirigera les opérations et jouera lui-même Devlin, un homme dont l’épouse, Rebecca, est hantée par la Shoah sans jamais la nommer. La mystérieuse Carole Bouquet interprétera cette âme intérieurement agitée.

 

Avant, il y aura eu un homme et son boa. Jean-Quentin Châtelain revient au Poche avec Gros-Câlin, partition fantasque de Romain Gary très éloignée du Bourlinguer de Cendrars, auquel le comédien a prêté sa puissance massive en février. Ici, il est question d’un solide serpent et d’une sirène sensuelle… Une prose d’une autre étoffe, pour le même phrasé, nasillard et envoûtant, de notre mage préféré.

---------------------------------------------------------------------------------------

 

LES THÉÂTRES DONNENT LEURS SAISONS EN SPECTACLE

 

Katia Berger, La Tribune de Genève, 23 mai 2014

 

Le Poche dévoile son affiche 2014-2015. Amuse-bouche.

 

Principales tendances de cette programmation charnière : un retour aux sources de l’écriture dramatique contemporaine, avec un Beckett et un Pinter. Et un amour affiché pour les « demeurées », ces rebuts d’une société battante, avec une pièce du même nom (au féminin pluriel) sur les savoirs inégaux d’une institutrice et d’une idiote du village. Avec un spectacle consacré à Grisélidis Réal. Et un solo de Jean-Quentin Châtelain en homme-python boursouflé de solitude. Le tout couronné par deux pièces plus carrément politiques : l’autogestion d’une entreprise et les compromissions de la Suisse pendant la Deuxième Guerre mondiale. La sensibilité à autrui, tel est le maître mot au théâtre Le Poche.

 

Pierres fines au Poche


Sur les dix spectacles qui donneront son âme au Poche 2014-2015, quatre créations. La première s’annonce déjantée : le Romand Attilio Sandro Palese signera un dansant Fever inspiré du film La fièvre du samedi soir. Cinéma encore, à la racine du spectacle de Julie Duclos accueilli à la fin de février, Du pain et des Rolls, qui s’inspire de La Maman et la putain d’Eustache. Après sa tonitruante venue en 2012 avec Chute d’une nation, l’auteur-metteur en scène français Yann Reuzeau présentera en janvier Mécanique Instable, la chronique d’une entreprise rachetée par ses employés. Quant au Trublion José Lillo, il s’emparera le mois suivant du Rapport Bergier pour susciter, sur fond de montée des nationalismes, un débat qui, lors de la parution du texte, n’avait pas eu lieu. Enfin, pour clore le règne de Françoise Courvoisier avant que Mathieu Bertholet ne prenne le pas, Gérard Desarthe viendra avec Carole Bouquet composer le noir Ashes to Ashes de Pinter.

COMMUNIQUÉ
02/04/2014
 

Mesdames, Messieurs,
Chers Spectateurs,
Chers Partenaires,
Chers Amis,

J'ai le plaisir de vous annoncer que c'est l'auteur et metteur en scène valaisan Mathieu Bertholet qui a été désigné par la Fondation d'Art Dramatique de Genève pour me succéder, dès le 1er juillet 2015, à la direction du Théâtre. Je présenterai ma dernière saison au Poche le mercredi 21 mai à 19h.

Au plaisir de partager ce moment avec vous, je vous adresse, Madame, Monsieur, Chers Spectateurs, Chers Partenaires, Chers Amis, me plus chaleureux messages.

Françoise Courvoisier
et toute l'équipe du Poche

design Jean-Marc Humm, la fonderie | développement monoloco