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LE POCHE MET LE CAP SUR LE NORD
21/05/2010 Le Courrier, Nicolas De Marchi, 21 mai 2010
La saison 2010-2011 du Poche à Genève poursuit, de confirmations en surprises, son voyage dans le sombre et ironique royaume des relations humaines.
Cap sur les relations humaines. Cap sur le Nord. Pour sa septième saison théâtrale sous l’égide de Françoise Courvoisier, le Poche fonce toute voile dehors (au vu aussi du succès public de cette saison) vers ces contrées où passions et conflits se soldent souvent de façon laconique. « Tout en restant fidèle aux écritures contemporaines, annonce la directrice, l’économie de la parole comme expression d’un théâtre de situation pourrait être le véritable fil conducteur de la saison à venir. »
Ce n’est donc pas un hasard si trois des sept auteurs représentés lors de la future saison ont en commun les brumes et l’ironie des jours de pluie. Car qui dit économie de la parole dans le dialogue, dit théâtre du Nord. En l’occurrence anglais (avec les auteurs Martin Crimp et David Harrower ) et norvégien (Jon Fosse).
Cela étant, les autres pièces ne restent visiblement pas étrangères aux ambiances de ces pièces où noirceur et mot d’esprit se côtoient : ainsi le texte de Jérôme Robart qui larguera les amarres de la saison, donnera vie par la même aux sentiments d’un homme confronté à la perte absurde de ses chers dans Jean la Vengeance (dès le 13 septembre, exceptionnellement à la Parfumerie). Le 18 octobre, Daniel Wolf prendra le relais à la barre avec l’approprié Hiver de Jon Fosse. Une rencontre entre La Femme et L’Homme où chaque parole pèse et où même les silences pourraient bien avoir leur mot à dire.
Preuve que le Nord n’est pas plus un lieu précis qu’un vague état d’esprit, à partir du 10 décembre, Albahaca de Michèle Millner épuisera ses chagrins et les souvenirs d’un peuple dans la cuisine chilienne. Le 17 janvier 2011, la gouverne passera alors à Philippe Lüscher qui mettra en scène le thriller psychologique La Campagne, de Martin Crimp. Une autre pièce où le temps est à l’économie de parole et au non-dit qui s’invitera dans les dialogues de trois personnages pris au piège de leur même refuge.
Dès le 7 mars, avec Les Combat d’une reine (d’après les écrits de Grisélidis Réal) le conflit de l’individu avec la société se fait frontal. Mais encore une fois la parole n’aura pas qu’une couleur, prévoit la metteure en scène Françoise Courvoisier, et même la parole de revendication se fera solaire. De quoi exorciser notre grisaille à nous.
Enfin, après une carte blanche offerte à Claude-Inga Barbey (on prévoit un duo plein de humor qui débutera le 16 mai), se sera au tour de Blackbird, mis en scène par Gérard Desarthe, dès le 30 mai, de fermer la marche. L’histoire, signée David Harrower, s’inspire d’un fait divers qui avait fait sensation : une fille de 12 ans fait la connaissance d’un soldat britannique sur Internet. Ensemble ils vivent une scandaleuse histoire d’amour, qui plus est, partagée. La pièce met en scène la réunion du couple après quinze ans de séparation plus ou moins imposée. Mais le temps n’est plus à l’idylle. Vous pouvez parier.
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